Merveille et horreur. Douleur et délicatesse.
Comment rendre beau l’immonde ? Pauline Delabroy-Allard y parvient avec l’écriture. Elle raconte une décision difficile, le deuil d’un enfant, une photo immontrable. Elle dit l’amour, la mort, la colère et le désir. Dans des chapitres remarquablement construits autour de la photographie, l’autrice interroge aussi la mémoire et notre rapport à l’image. J’ai emporté ce livre partout dans mon lit, dans la salle de bain, sur la table de la cuisine, je ne pouvais pas arrêter ma lecture, non pas pour connaître la suite mais pour rester près d’elle dans l’épreuve. Les mots jaillissent comme les larmes, sa plume est un cri.
Comme l’écrit Julia Kerninon dans Etre mère « en nous efforçant de faire entrer la maternité en littérature, nous lui donnons, j’espère, la place qu’elle mérite aussi dans la réalité. Nos peurs, nos réflexions, nos déchirures ont droit de cité au sein des livres ». Pauline fait aussi puissamment entrer les femmes dans la littérature. C’était déjà le cas avec Ça raconte Sarah qui était un grand cri d’amour, sûrement l’une des plus belles déclarations que j’ai lue et un magnifique portrait qui a accompagné tant d’ateliers d’écriture que j’ai menés autour du matrimoine et des femmes inspirantes. Ici, elle donne à lire ce que le corps et le cœur des femmes peuvent traverser et qui est pourtant si peu partagé : donner la vie sans vie. Et fait ainsi entrer pour toujours Jacob dans la littérature et dans nos vies d’une façon vibrante, sensible et inoubliable. Parce qu’au milieu de l’infinie tristesse, un mot me vient : la grâce. Oui, « Rien n’est oublié, tout brille. »
Entre nos lignes, la capsule sonore et littéraire de notre rubrique Missives en écoute se transforme en podcast, disponible sur la plupart des plateformes d’écoute et sur Acast.
Entre nos lignes, c’est une dose de pensées inspirantes et engagées, proposées selon l’humeur ou l’actualité, quelques lignes d’un auteur ou d’une autrice lues par la comédienne Marie-Émilie Michel.
Une lecture sans commentaire où seuls comptent les mots.
Entre nos lignes donne à entendre des extraits de romans mais aussi de la poésie, des essais, de la nouveauté comme du classique mais des livres toujours osés et féministes, au sens large !

Comédienne, co-directrice artistique du collectif Lilalune etc, Marie-Emilie s’intéresse particulièrement à la question des femmes dans son travail scénique. Peut-être parce qu’elle a étudié le journalisme et qu’elle voit tout texte comme une matière vivante, elle a également initié des « lectures citoyennes » : reflets de questionnements liés à un thème d’actualité, assemblage de regards et de textes, menées à trois voix. La dernière en date s’appelait « Féministe, ta mère »! C’est donc tout naturellement que sa passion des mots et son engagement féministe l’ont menée à partager ses lectures sur Missives.