{"id":6985,"date":"2026-05-04T10:47:54","date_gmt":"2026-05-04T08:47:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lesmissives.fr\/?p=6985"},"modified":"2026-05-04T10:47:55","modified_gmt":"2026-05-04T08:47:55","slug":"brasileiras-de-clelia-pisa-et-maryvonne-lapouge-pettorelli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lesmissives.fr\/index.php\/2026\/05\/04\/brasileiras-de-clelia-pisa-et-maryvonne-lapouge-pettorelli\/","title":{"rendered":"Brasileiras, de Clelia Pisa et Maryvonne Lapouge-Pettorelli"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pourquoi <\/strong><em><strong>Brasileiras<\/strong><\/em><strong>&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Brasileiras<\/em> est n\u00e9 d\u2019un d\u00e9sir d\u2019Antoinette Fouque, co-fondatrice de la <em>maison d\u2019\u00e9dition<\/em> <em>des femmes<\/em>, de rencontrer \u00e0 Paris des Br\u00e9siliennes et des femmes en rapport \u00e9troit avec le Br\u00e9sil dans l\u2019id\u00e9e de r\u00e9aliser un livre d\u2019entretiens avec celles qu\u2019elle a rencontr\u00e9es \u00e0 Sao Paulo et d\u2019autres. Elle fait alors appel \u00e0 un duo\u00a0: Maryvonne Lapouge-Pettorelli et Clelia Pisa. Elles se rendent au Br\u00e9sil pour r\u00e9aliser les entretiens qu\u2019elles traduiront et qui donneront lieu au livre <em>Brasileiras. Voix, \u00e9crits du Br\u00e9sil <\/em>paru fin 1977.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qui sont Clelia Pisa et Maryvonne Lapouge-Pettorelli et Clelia Pisa&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Maryvonne Lapouge-Pettorelli (1927-2021) est traductrice d\u2019italien et de portugais. Elle a notamment fait conna\u00eetre en France quelques-uns des chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature br\u00e9silienne dont <em>Les Heures nues<\/em> de Lygia Fagundes Telles, autrice interview\u00e9e dans le livre, et <em>Diadorim <\/em>de Joao Guimaraes Rosa.<\/p>\n\n\n\n<p>Clelia Pisa (1931-2017) &#8211; dont le nom est orthographi\u00e9 avec un \u00ab&nbsp;s&nbsp;\u00bb pour mieux dissocier son parcours professionnel de celui de son mari, le peintre et sculpteur Arthur Luiz Piza \u2013 travaille d\u2019abord comme journaliste avant de devenir consultante de grandes maisons d\u2019\u00e9dition fran\u00e7aises. Elle fonde, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Alice Raillard et Maryvonne Lapouge-Pettorelli, l\u2019agence litt\u00e9raire ALIA. Elle a \u00e9galement pr\u00e9fac\u00e9 des ouvrages de Clarice Lispector (<em>La Passion selon GH<\/em>), de Carolina de Jesus (deux autrices interview\u00e9es dans le livre) ainsi que Mario de Andrade.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Brasileiras<\/em> est donc un recueil exceptionnel, fait par des femmes, de t\u00e9moignages de femmes artistes, militantes pour la d\u00e9mocratie et\/ou victimes de la r\u00e9pression dans le Br\u00e9sil des ann\u00e9es 1970 sous dictature militaire. Devant le magn\u00e9tophone de Maryvonne Lapouge et Clelia Pisa, vingt-six femmes nous plongent au c\u0153ur de la condition f\u00e9minine dans un Br\u00e9sil o\u00f9 les in\u00e9galit\u00e9s sociales, le racisme structurel, la violence de genre et la colonisation des femmes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays marquent profond\u00e9ment le quotidien. Ce sont des \u00e9crivaines, des professeures, des actrices, des \u00e9ditrices, des cin\u00e9astes, des prisonni\u00e8res, des ouvri\u00e8res agricoles, des m\u00e9decins, des habitantes de favelas. Au moment de leur interview, chacune est une f\u00e9ministe engag\u00e9e, une f\u00e9ministe radicale, une f\u00e9ministe en cours de d\u00e9couverte de son propre f\u00e9minisme, une f\u00e9ministe sans le savoir ou encore en \u00e9veil de f\u00e9ministe. Toujours est-il que ce qui fonde ce recueil est la vari\u00e9t\u00e9 de parcours et d\u2019exp\u00e9riences qui donne la parole \u00e0 des femmes br\u00e9siliennes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une grande envie de parler du Br\u00e9sil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nombreux sont les t\u00e9moignages qui font du Br\u00e9sil, le milieu \u00e9cologique et social dans lequel chacune \u00e9volue, le sujet de leur discours et de leur engagement. Branca Alves souligne par exemple la d\u00e9valorisation syst\u00e9mique de la litt\u00e9rature de leurs pays qu\u2019elle avait inconsciemment fait sienne\u00a0: \u00ab\u00a0Je m\u2019int\u00e9ressais \u00e0 la litt\u00e9rature, je lisais Shakespeare, les romantiques anglais, les classiques fran\u00e7ais\u2026Mais pour ainsi dire pas d\u2019auteurs br\u00e9siliens, ce qui est encore un trait propre \u00e0 nos familles traditionnelles o\u00f9 l\u2018on d\u00e9valorise tout ce qui est br\u00e9silien\u00a0\u00bb. Elle montre bien que les r\u00e9f\u00e9rences intellectuelles restent europ\u00e9ennes. C\u2019est une attitude qui se transmet au sein m\u00eame de la sph\u00e8re priv\u00e9e et qui en dit long sur le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 ce qui renvoie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la vie br\u00e9silienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Heloisa Buarque de Hollanda constate la diff\u00e9rence entre les ann\u00e9es 1960 o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 br\u00e9silienne \u00e9tait abord\u00e9e en litt\u00e9rature, du moins dans les textes, et les ann\u00e9es 1970 o\u00f9 on s\u2019en d\u00e9tourne&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le contact direct avec le texte, qui restait malgr\u00e9 tout une fa\u00e7on d\u2019aborder la r\u00e9alit\u00e9 br\u00e9silienne, est remplac\u00e9 par ce type de manipulation au troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me degr\u00e9, accompli \u00e0 l\u2019aide de l\u2019appareil th\u00e9orique le plus sophistiqu\u00e9 qui soit, et par-dessus le march\u00e9 import\u00e9 de l\u2019\u00e9tranger, c\u2019est-\u00e0-dire rarement adapt\u00e9 \u00e0 la situation qui est la n\u00f4tre&nbsp;\u00bb. Les strat\u00e9gies d\u2019\u00e9vitement de la r\u00e9alit\u00e9 br\u00e9silienne, qui sont volontaires, rel\u00e8vent d\u2019un d\u00e9tour par une pens\u00e9e \u00e9trang\u00e8re au Br\u00e9sil, ce qui peut engendrer une inad\u00e9quation totale d\u2019analyse. De plus, elles \u00e9touffent le message du texte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La vari\u00e9t\u00e9 de la position f\u00e9ministe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chaque femme interview\u00e9e est \u00e0 un stade diff\u00e9rent de son f\u00e9minisme. Walnice Nogueira Galvao analyse les pr\u00e9suppos\u00e9s pr\u00e9sents dans l\u2019esprit des femmes qui sont bien contraires \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Chacune de nous par exemple \u00e9tait persuad\u00e9e d\u2019avoir v\u00e9cu, du fait de son \u00e9ducation, une histoire priv\u00e9e, particuli\u00e8re, or c\u2019est faux\u00a0: nous en \u00e9tions toutes au m\u00eame point. Nous avons d\u00fb en conclure que nous sommes d\u00e9j\u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration de mutantes\u00a0\u00bb. La parole partag\u00e9e et les rencontres entre femmes permettent de prendre conscience de la similitude des parcours de vie et, de ce fait, cr\u00e9e de la sororit\u00e9. Ce n\u2019est plus le chemin unique qui est exceptionnel mais bien la ressemblance entre chacune qui l&rsquo;est\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>Les lieux de d\u00e9couverte du f\u00e9minisme peuvent \u00eatre surprenants et parfois impensables mais tout aussi efficaces. N. B. \u00e9voque son s\u00e9jour en prison comme v\u00e9ritable catalyseur de son \u00e9volution en tant que femme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Presque toutes les femmes que nous \u00e9tions, nous sommes sorties de prison beaucoup plus s\u00fbres de nous. Au point qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 une chose curieuse&nbsp;: sur tous les couples qui avaient \u00e9t\u00e9 intern\u00e9s, quelques-uns seulement sont rest\u00e9s ensemble une fois lib\u00e9r\u00e9s [\u2026] Et le fait de se retrouver ainsi tout \u00e0 coup, confront\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, a certainement beaucoup aid\u00e9 des femmes \u00e0 prendre position&nbsp;\u00bb. Le passage par la prison, moyen qui se voulait radical pour \u00e9teindre le militantisme des femmes, s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 bien au contraire fortificateur dans la confiance personnelle de chacune en elle-m\u00eame et en les autres femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Elice Munerato, quant \u00e0 elle, met en \u00e9vidence son agacement des convenances et le changement radical que le f\u00e9minisme a op\u00e9r\u00e9 en elle et dans ses relations avec les autres. Son attitude est d\u00e9sormais intransigeante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des choses que je tol\u00e9rais l\u2019an dernier encore, je ne peux plus [\u2026] Au d\u00e9tour de la conversation, tu entends tout \u00e0 coup des choses parfaitement inacceptables pour une femme. D\u00e9sormais je r\u00e9ponds, je ne laisse rien passer et je suis en train de me mettre tout le monde \u00e0 dos&nbsp;\u00bb. Cette vigilance, voire hypervigilance, entrain\u00e9e par l\u2019\u00e9veil au f\u00e9minisme t\u00e9moigne de la propagation d\u2019une mentalit\u00e9 qui soumet la femme dans presque toutes les sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des exp\u00e9riences d\u2019artistes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Carmen Da Silva \u00e9voquant son travail de journaliste \u00e0 <em>Claudia<\/em>, qu\u2019elle pr\u00e9sente comme l\u2019\u00e9quivalent du journal <em>Elle<\/em>, r\u00e9v\u00e8le le travail progressif et risqu\u00e9 auquel elle s\u2019est livr\u00e9e : \u00ab&nbsp;D\u00e8s que j\u2019incitais les femmes \u00e0 travailler, les encourageais \u00e0 s\u2019assumer en tant que personnes, \u00e0 d\u00e9fendre leur autonomie, je recevais des lettres fr\u00e9n\u00e9tiques, un courrier \u00e9pouvantable. J\u2019ai tenu bon. J\u2019ai tenu bon, je me suis accroch\u00e9e. J\u2019ai d\u00fb \u0153uvrer pendant huit ans avant de pouvoir introduire le mot \u00ab&nbsp;f\u00e9minisme&nbsp;\u00bb dans un article. Chaque mois, je gagnais un centim\u00e8tre&nbsp;\u00bb. On comprend que la position de Carmen da Silva n\u2019est pas facile&nbsp;: un double courant inverse lui fait face&nbsp;; les deux \u00e9tant issus de mentalit\u00e9s qui persistent et qui malheureusement passent \u00e0 l\u2019action. Mais ce que l\u2019on retient surtout c\u2019est sa pers\u00e9v\u00e9rance&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que cin\u00e9aste, Ana Carolina Teixeira Soares revient sur les limites qui lui ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es dans la diffusion de ses \u0153uvres, en particulier son film <em>Pantanal<\/em>. S\u00e9lectionn\u00e9 au festival de Venise, il a \u00e9t\u00e9 interdit \u00e0 l\u2019exportation. \u00ab&nbsp;Comme pr\u00e9texte \u2013 \u00e0 un moment dans le film, on abat une <em>on\u00e7a<a href=\"#sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a><\/em>, or il y a une loi qui interdit de chasser les animaux \u2013 ils<a href=\"#sdfootnote2sym\" id=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> ont pr\u00e9tendu que j\u2019avais enfreint la loi\u2026Bref, apr\u00e8s cette histoire avec l\u2019Itamaraty j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 me d\u00e9courager. Je ne me sens pas la force de continuer&nbsp;\u00bb. En plus de brimer directement et indirectement le talent artistique d\u2019une citoyenne br\u00e9silienne, cette d\u00e9cision contribue au manque de diffusion de la r\u00e9alit\u00e9 br\u00e9silienne, pour les Br\u00e9silien.ne.s et le monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>Clarice Lispector parle du destin du livre au d\u00e9tour d\u2019une m\u00e9taphore maternelle tr\u00e8s explicite. Avec simplicit\u00e9 et pas \u00e0 pas, elle en expose le parcours&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parce qu\u2019un livre c\u2019est comme une gestation. Une fois mis en route, il faut bien que l\u2018enfant sorte. Sinon il vous g\u00eane. Il ne peut pas rester des mois, vingt mois par exemple, dans le ventre de sa m\u00e8re. Il faut qu\u2019il sorte, qu\u2019il assume son destin. Cela fait, je le laisse aller, je le laisse suivre son chemin\u2026&nbsp;\u00bb. Facilement compr\u00e9hensible par une femme et par un homme, cette m\u00e9taphore met en lumi\u00e8re l\u2018avanc\u00e9e n\u00e9cessaire et obligatoire du livre qui passe de la possession de son autrice \u00e0 celle de son lectorat.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9lida Pinon \u00e9voque son travail d\u2019autrice sous l\u2019angle du combat, \u00e0 la fois de son point de vue et de celui du monde. Elle semble en avoir pris conscience de fa\u00e7on tr\u00e8s explicite&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai compris que j\u2019allais \u00eatre chaque jour en butte en tant qu\u2019\u00e9crivain \u2013 et qui plus est un \u00e9crivain en marge, ind\u00e9pendant, ayant l\u2019ambition de proposer un nouveau monde, ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment de souscrire \u00e0 ce monde qui d\u00e9j\u00e0 existe, lui pr\u00e9-existe \u2013 que j\u2019allais donc \u00eatre en butte constamment \u00e0 la tentation de renoncer&nbsp;\u00bb. L\u2019on comprend que son travail n\u2019est pas de tout repos&nbsp;: consciente de son unicit\u00e9 mais ayant une grande et belle ambition, elle regarde avec lucidit\u00e9 les \u00e9cueils qui se pr\u00e9sentent \u00e0 elle, qu\u2019ils soient int\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9ventail de t\u00e9moignages de femmes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moignages sont vari\u00e9s parce que les femmes interview\u00e9es sont diverses. Au milieu des paroles de femmes intellectuelles, instruites et appartenant pour une tr\u00e8s grande majorit\u00e9 \u00e0 la classe bourgeoise, se glisse celui d\u2019une femme de la classe populaire, une boia-fria. En plus de reproduire avec le plus de pr\u00e9cision phon\u00e9tique possible la langue orale de cette femme, ce t\u00e9moignage donne une vision r\u00e9aliste des rapports de force entre employ\u00e9.e.s et patronat. La femme interview\u00e9e expose le monde du travail&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019le <em>boia-fria<a href=\"#sdfootnote3sym\" id=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a><\/em> qui travaille \u00e0 perdre sa sueur pour l\u2019Br\u00e9sil, qu\u2019le <em>boia-fria<\/em> s\u2019il existe pas, la Nova Am\u00e9rica l\u2019a pas d\u2019usine, et untel l\u2019a pas sa farenza. Y a pas un <em>fazendeiro<a href=\"#sdfootnote4sym\" id=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a><\/em> qu\u2019a sa farenza sans c\u2019pauv\u2019malheureux <em>d\u2019boia-fria<\/em>, qu\u2019lui l\u2019a aucune valeur, l\u2019a m\u00eame pas d\u2019quoi acheter \u00e0 cr\u00e9dit une pierre de sel \u00e0 l\u2019\u00e9picerie&nbsp;\u00bb. Le vocabulaire concret et sp\u00e9cifique du monde du travail agricole br\u00e9silien ainsi que le lien vital fait entre les deux parties, surtout du boia-fria au fazendeiro<a href=\"#sdfootnote5sym\" id=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>, montrent une r\u00e9alit\u00e9 qui a souvent \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9e mais qui est bien r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019autre bout de la chaine de travail et de classe sociale, la lutte pour la reconnaissance continue. Maria Alice Barrosso, premi\u00e8re femme appel\u00e9e \u00e0 diriger l\u2019Institut national du livre, relate la surprise mais \u00e9galement la position d\u2019impostrice dans laquelle on voulait la plonger quand elle a occup\u00e9 ce poste. Son t\u00e9moignage est au-del\u00e0 de la sensation et de l\u2019impression&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai senti presque sans arr\u00eat un doigt point\u00e9 sur moi, un doigt accusateur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment&nbsp;? Une femme ici&nbsp;?&#8230; Il doit y avoir une erreur.&nbsp;\u00bb Les gens refusaient d\u2019admettre qu\u2019une femme puisse occuper un poste de direction&nbsp;\u00bb. Cette suspicion permanente pos\u00e9e sur elle prend sa source dans le genre auquel elle appartient qui, bien \u00e9videmment ne remet pas en question de fa\u00e7on logique et rationnelle ses comp\u00e9tences, mais qui aurait d\u00fb l\u2019obliger \u00e0 rester \u00e0 une position d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 laquelle la soci\u00e9t\u00e9 la pr\u00e9destine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un vrai travail avant-gardiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Brasileiras <\/em>a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1977\u00a0; et ce m\u00eame recueil fait l\u2019objet d\u2019une r\u00e9\u00e9dition en f\u00e9vrier 2026. Republier un tel recueil de paroles de femmes br\u00e9siliennes c\u2019est non seulement montrer son actualit\u00e9 mais c\u2019est aussi montrer qu\u2019il a chang\u00e9 de statut. En effet, il devient un classique pour toutes les femmes. C\u2019est aussi l\u2019occasion de montrer les pens\u00e9es et actions avant-gardistes de ces femmes. Myriam Campello souligne le caract\u00e8re genr\u00e9 du langage\u00a0: \u00ab Le premier venu peut voir que le langage est totalement impr\u00e9gn\u00e9 de valeurs masculines, marqu\u00e9 par toute une conceptualisation masculine. Il n\u2019existe pas de langage r\u00e9ellement f\u00e9minin. Et c\u2019est \u00e0 cela que le f\u00e9minisme doit s\u2019attacher dans l\u2019imm\u00e9diat\u00a0: cr\u00e9er des conditions propres \u00e0 le faire advenir. Les concepts sont masculins et partant le langage l\u2019est aussi\u00a0\u00bb. Elle avait d\u00e9j\u00e0 compris ce rapport de force et de domination masculines qui s\u2019exerce dans le principal mode de communication des \u00eatres humains\u00a0: cela n\u2019est pas rien parce que le langage est d\u2019abord ce par quoi la femme et l\u2019homme s\u2019affirment et cherchent \u00e0 se faire comprendre, et doivent se construire. C\u2019est dire les difficult\u00e9s qui se pr\u00e9sentent initialement pour les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Myriam M. V. \u00e9voque le centre qu\u2019elle a cr\u00e9\u00e9 pour reconstruire les femmes \u00e9corch\u00e9es et abim\u00e9es par la r\u00e9alit\u00e9 de la vie. Elle en souligne les bienfaits&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avec le temps elles acqu\u00e9raient davantage d\u2019autonomie. Les travaux qu\u2019elles r\u00e9alisaient leur \u00e9taient r\u00e9tribu\u00e9s&nbsp;; ainsi elles avaient un argent personnel, elles pouvaient m\u00eame en mettre de c\u00f4t\u00e9 en vue de leur sortie. Certaines travaillaient \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et rentraient \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour dormir. Celles qui \u00e9taient arriv\u00e9es enceintes \u00e9taient enti\u00e8rement prises en charge, on les aidait \u00e0 attendre leur enfant, \u00e0 l\u2019\u00e9lever pendant quelques mois&nbsp;\u00bb. Les actions men\u00e9es ont pour but de faire grandir les femmes d\u2019un point de vue professionnel et par cons\u00e9quent financier aussi. Le centre est \u00e9galement le&nbsp;lieu qui accueille des femmes aux situations diverses et qui propose un accompagnement suivi et stable. Il est une d\u00e9monstration concr\u00e8te de la confiance donn\u00e9e en la force de la femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains t\u00e9moignages sont de vrais aveux d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9 parfois contradictoire. Zulmira Ribeiro Tavares souligne sa grande ouverture d\u2019esprit en opposition \u00e0 ses capacit\u00e9s d\u2019action. Elle nous parle de son admiration pour une autre femme&nbsp;: \u00ab Pensez, une jeune fille vierge et inexp\u00e9riment\u00e9e, en compagnie d\u2019une plus \u00e2g\u00e9e et divorc\u00e9e&nbsp;! Elle avait plus d\u2019exp\u00e9rience que moi et je ne demandais qu\u2019\u00e0 l\u2019entendre. Elle s\u2019\u00e9tonnait que la comprenant comme je la comprenais, avertie comme je l\u2019\u00e9tais, je continue \u00e0 me \u00ab&nbsp;garder&nbsp;\u00bb comme je faisais. Je r\u00e9pondais que les id\u00e9es, oui, je les avais, mais que les nerfs me manquaient&nbsp;\u00bb. Cette attitude qui ext\u00e9rieurement peut para\u00eetre paradoxale, au mieux, et suspicieuse, au pire, est v\u00e9cue de fa\u00e7on tr\u00e8s naturelle et tr\u00e8s assum\u00e9e par Zulmira. Ce choix de fr\u00e9quentation qui est libre ne semble absolument pas en contradiction avec le f\u00e9minisme ni la personnalit\u00e9 de Zulmina, au contraire il lui apporte une satisfaction intellectuelle qu\u2019une femme qui lui ressemble ne pourrait pas lui apporter.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, lire <em>Brasileiras<\/em> c\u2019est rassurant&nbsp;: le f\u00e9minisme a toujours \u00e9t\u00e9 vari\u00e9 et puissant. C\u2019est aussi red\u00e9couvrir la beaut\u00e9 d\u2019\u00eatre une femme ou encore pour reprendre les mots de Branca Alves \u00ab C\u2019\u00e9tait comme si, enfin, je d\u00e9couvrais ma mission&nbsp;: qu\u2019est-ce que j\u2019ai \u00e0 tant chercher, \u00e0 chercher quoi faire dans la vie, puisque je suis une femme c\u2019est cela que je vais faire, \u00e0 cela que je vais me consacrer&nbsp;: \u00eatre une femme et travailler pour les femmes. Je d\u00e9couvrais que c\u2019\u00e9tait bon d\u2019\u00eatre une femme&nbsp;\u00bb. Telle est la mission des Missives&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\" id=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> En italique dans l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\" id=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> Ana Carolina Teixeira Soares fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Itamaraty, le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote3anc\" id=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> En italique dans l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote4anc\" id=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> En italique dans l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote5anc\" id=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> Propri\u00e9taire terrien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi Brasileiras&nbsp;? Brasileiras est n\u00e9 d\u2019un d\u00e9sir d\u2019Antoinette Fouque, co-fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition des femmes, de rencontrer \u00e0 Paris des Br\u00e9siliennes et des femmes en rapport \u00e9troit avec le Br\u00e9sil dans l\u2019id\u00e9e de r\u00e9aliser un livre d\u2019entretiens avec celles qu\u2019elle a rencontr\u00e9es \u00e0 Sao Paulo et d\u2019autres. 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